Cartographie et analyse des géoglyphes Paracas découverts dans la basse vallée d’Ica, côte sud du Pérou

Interventions de Aïcha Bachir Bacha, Oscar Daniel Llanos Jacinto, Eric Mermet et Benoit Pandolfi qui ont été présentées dans le cadre de la conférence jiap2016 : Journées informatique et archéologies de Paris, en juin 2016.

Cartographie et analyse des géoglyphes Paracas découverts dans la basse vallée d’Ica, côte sud du Pérou

Communication présentée aux Journées Informatique et Archéologies de Paris, juin 2016

Résumé

Dans le cadre du programme archéologique Animas Altas, Ica, Pérou, une série de géoglyphes ont été répertoriés au sud d’Animas Altas/Animas Bajas, établissement majeur de la culture Paracas (600 av. J.-C.-100 ap. J.-C.). Les prospections systématiques menées par l’équipe d’archéologues consistaient à localiser et à délimiter les géoglyphes à l’aide d’un GPS, à observer les matériaux affleurant en surface, à enregistrer les informations au moyen de descriptions, de croquis et de photographies. Il en résulte que ce que l’on nomme communément géoglyphes représentent en réalité des lignes longues de 100 à 400 m, parfois plus, de champs dégagés – campos barridos – et d’accumulations de pierres. Certains, associés à des abris dessinent des figures complexes et d’autres constituent de possibles chemins. Ces constructions marquent les pampas, les mesetas et les flancs des cerros qui longent le rio Ica et pointent vers des sites clefs et des lieux considérés à ce jour comme des huacas (lieux sacrés). L’analyse des données recueillies permettent d’énoncer que le choix des lieux de ces constructions n’est pas dû au hasard. Il s’explique, d’une part, par un côté pratique, la pampa et les flancs de montagnes se prêtant parfaitement à ce type de constructions, et, d’autre part, par des lieux symboliques et des aires de transition et de connections entre différents établissements et territoires à une échelle locale. L’intégration et le traitement des données dans des outils SIG permet une étude spatiale fine du site par la cartographie des typologies des objets. Le croisement de données (vecteur, raster, 3D) et le calcul des orientations et des distances des géoglyphes offrent des représentations différentes (cartographie des distributions) permettant d’analyser et de comprendre les géoglyphes étudiés dans leur environnement, en rapport avec la topographie, le relief, les connexions vers les sites éloignés, l’intervisibilité des sites ou encore leurs relations aux cours d’eau actuels ou anciens.